La convention de Ramsar et les Zones humides

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Introduction 

        La qualité de l’environnement est une préoccupation internationale, notamment en ce qui concerne la ressource en eau.  Les zones humides, milieux riches, situés à l’interface entre terre et eau ont un rôle à jouer dans la protection de la qualité des eaux et des milieux aquatiques mais elles possèdent également d’autres fonctions non négligeables.

En France, le début d’une réelle réflexion sur les zones humides et leurs fonctionnalités fait suite à la loi sur l’eau de 1992 (Loi n°92-3) qui préconise la préservation des zones humides et des milieux aquatiques dans un objectif de gestion équilibrée de la ressource en eau. Une étude engagée pour évaluer l’impact des politiques publiques sur ces milieux, connue sous le nom de rapport Bernard est publiée en 1994. Elle témoigne de la disparition progressive des zones humides : en France, deux tiers des zones humides auraient ainsi disparu au cours du XXe siècle dont la moitié durant les trente dernières années. Ce constat alarmant conduit à la mise en place en 1995, d’un plan d’action gouvernemental en faveur des zones humides. Ce plan marque la volonté d'agir pour arrêter la dégradation des zones humides et garantir par une bonne gestion leur préservation durable.
        Sur le plan international, la convention de Ramsar signée en 1971 met en avant l’intérêt patrimonial de ces espaces en tant que milieu naturel particulier et réservoir de biodiversité. Afin de promouvoir et d’informer sur les zones humides, l’organisme qui gère la convention a mis en place une journée mondiale des zones humides qui aborde chaque année une nouvelle thématique. Le sujet de cette année concerne  "Les zones humides et la pêche » avec pour slogan « du poisson pour demain ? ». En effet, l’état actuel des ressources piscicoles est extrêmement préoccupant. Il est nécessaire de gérer cette ressource de façon adéquate et ce dès à présent pour le bien-être des générations futures.
        À l’occasion de cet événement, notre promotion du Master 2 « Eco ingénierie des zones humides et biodiversité » organise une manifestation afin de sensibiliser le grand public et de valoriser ces milieux particuliers.


La convention de Ramsar et la protection des zones humides

        Cette convention sur les zones humides signée dans la ville de Ramsar en Iran en 1971 est un traité intergouvernemental qui a pour mission de favoriser « la conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides par des mesures prises au plan national et par la coopération internationale comme moyens de parvenir au développement durable dans le monde entier ».
        Aujourd’hui, 153 pays, dont la France, étaient parties contractantes de la Convention et plus de 1631 zones humides, couvrant près de 145 millions d'hectares, dans le monde entier, étaient inscrites sur la Liste de Ramsar des zones humides d'importance internationale.

  

Que sont les zones humides? 

«Les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres»

 

Selon la définition de la convention, les zones humides sont des milieux humides liés à des eaux douces ou plus ou moins salées, avec des courants variables.

Ces  biotopes présentent donc une grande diversité : marais, tourbières, plaines d’inondation, cours d’eau, lacs ou encore zones côtières telles que les marais salés, les mangroves, les massifs d’herbiers marins, mais aussi les récifs coralliens et autres zones marines de faible profondeur. Les zones humides artificielles telles que les retenues de barrages sont également prises en compte.

 

Un patrimoine biologique d’intérêt majeur

 

        Les principales zones humides françaises métropolitaines (hors vasières, milieux marins, cours d'eau et grands lacs) représentent environ 1,5 million d'hectares soit 3% du territoire métropolitain. Plus de 50% des espèces d'oiseaux dépendent de ces zones ainsi que 30% des espèces végétales remarquables et menacées en France. De plus, les 2/3 des poissons consommés se reproduisent ou se développent dans les zones humides (Agences de l’eau, 2001). Les zones humides constituent de véritables réservoirs biologiques pour de nombreuses espèces végétales et animales vivant de façon permanente ou temporaire dans ces milieux.

 

        Les Basses vallées angevines et prairies de la Baumette (49) sont reconnues comme sites exceptionnels pour leur faune, leur flore et leurs habitats, et plus particulièrement pour les oiseaux. Elles abritent régulièrement plus de 20 000 oiseaux d'eau et représentent notamment le plus important site de nidification du Râle des genêts dans la région des Pays de la Loire, ainsi que le premier site de France pour cette espèce menacée au niveau mondial. Les prairies inondables sont encore bien conservées et présentent une diversité remarquable d'associations végétales en fonction du degré d'hygrométrie des sols. Ces sites renferment également une intéressante diversité de groupements aquatiques et palustres.

 

Des fonctions hydrologiques

 

        Toute dépression dans le paysage est susceptible de stocker un certain volume d’eau en surface et, dans une moindre mesure dans les sols ou sédiments sous-jacents (effet éponge). Ce stockage temporaire diminue la quantité d’eau libre en mesure de rejoindre les cours d’eau et plaines alluviales et peut donc réduire les pics de crues. Lors de crues, le débordement des eaux dans les zones humides annexes (bras morts, marais, prairies inondables,…) entraîne l’étalement de la lame d’eau et la diminution du débit. Cet effet est d’autant plus fort que la rugosité du paysage est importante : présence de végétation, terrain irrégulier, structures construites, …

Globalement, le pic de crue est décalé dans le temps et son intensité diminuée (effet de laminage des crues).

 

Certaines zones humides peuvent également jouer un rôle de soutien des débits en période d’étiage ou de recharge des nappes grâce à la redistribution lente de l’eau stockée dans la zone humide au cours des épisodes pluvieux (principalement de l’hiver et du printemps) et permettre ainsi la diminution de l’impact de la sécheresse estivale.

  

Des fonctions biogéochimiques

 

        En tant que zones d’interface entre les cours d’eau et les versants, les zones humides sont assimilées à des « zones tampons » ayant un rôle important sur l’épuration des eaux en transit. L’eau qui s’écoule sur les versants se charge inévitablement en nutriments, en polluants et en matières diverses. Les zones humides agissent comme un filtre naturel. Les zones humides et leur végétation ralentissent les eaux et piègent une partie des polluants et des nutriments, ce qui permet ainsi une régulation des concentrations dans les eaux courantes. Les zones humides en bord de cours d’eau et les zones humides de fond de vallée sont les plus actives. Les boisements sur les rives sont également très efficaces.

 

Une valeur paysagère, culturelle et socio-économique

  

        De la notion de fonction découle celle d’usage ; l’exploitation par l’homme des fonctionnalités multiples offertes par ces milieux est inévitable et surtout nécessaire. Le maintien des zones humides n’est possible pour partie que grâce à l’intervention humaine.

 

Du mutualisme à la symbiose entre l’Homme et la Nature

       La richesse patrimoniale et biologique des zones humides en fait des milieux d’exception, véritables foyers de vie qui leur donnent une dimension importante. Que ce soit pour le cadre (dimension paysagère et récréative), dans un but pédagogique (espaces de découverte de la nature), par nostalgie (dimension culturelle et patrimoniale) ou à but lucratif à travers le tourisme, la pêche et l’agriculture nous nous devons de conserver ces espaces.

La législation va aujourd’hui dans ce sens. A titre d’exemple, la Loi d’Orientation Agricole préconise la protection des zones humides mais plus encore, elle incite au maintien d’activités favorables aux zones humides.

La richesse des zones humides du point de vue patrimoine culturel est le reflet de l’adaptation des hommes à ces milieux. Ils se sont accommodés en développant des us et coutumes particuliers tant du point de vue des constructions, que des pratiques agricoles ou encore du folklore local. La préservation des zones humides est dans ces cas là une volonté de la population locale qui leur attribue la dimension d’un monument historique ou d’un musée, garant d’une partie de leur histoire.

 

Une dimension culturelle et  historique

        Depuis les années 60, les activités traditionnelles ont décliné, entraînant souvent une dégradation du marais (comblement des priardes (petites mares), expansion des roselières, abandon des prairies,…). Aujourd’hui, les activités qui perdurent sous l’impulsion d'associations locales ou de Parcs Naturels Régionaux.

 

Une valeur  économique [1]

        En accueillant les activités de pêche, de chasse, des exploitations mytilicoles et encore des activités de loisirs (randonnée, barque...),  les zones humides ont une dimension socio-économique importante.